J’encourage l’économie locale en aidant une femme à avoir un
revenu décent en échange de services rendus.
Bref. J’ai une femme de ménage.
Je vous assure que c’est plus pour aider que pour mon ménage
en soit! Bon, vous ne me croyez pas. Je vous entends riposter d’ici, mais c’est
vrai! De toute façon, si c’était juste dans un esprit de paresse que je
l’engageais, je ne m’en pèterais pas les bretelles à tout vent sur le web! Je
vous entends penser d’ici… « Bla, bla, bla… r’garde qu’est-ce qu’elle fait
avec mes taxes! » ou encore « Bla, bla, bla… la bourge! ». Eh
bien, à cela je répondrai :
Aux « Bla, bla, bla… mes taxes! »
Sache que si tout ce qui reste de la contribution canadienne
donnée aux pays en développement passe par le salaire direct que je donne à
quelqu’un sur place, c’est quand même mieux que de l’économiser pour me prendre
des REER à mon retour.
Aux « Bla, bla, bla… la bourge! »
Tu as peut-être en partie raison MAIS on s’entend tu que le
cirage de plancher au deux semaines, bourge ou pas, c’est pas nécessaire?!? Même
que bien desfois, je l’annulerais bien la Raymunda. Mais annuler notre
rendez-vous hebdomadaire voudrait dire moins d’argent dans ses poches. Au lieu,
je trouve d’autres trucs à faire. Anyway,
Raymunda n’aime pas avoir des congés. Les congés l’insécurisent. Un congé
mérité, parce qu’elle a travaillé dur? Pour prendre soin d’elle? C’est
culturelle ça, vous savez?
Ici, le sommeil est un luxe, vous saviez? Je dis « ici »
mais va dire à n’importe quelle femme ayant des enfants, qui travaille déjà un
minimum de 8 heures par jour, qui fait la bouffe, le lavage, le ménage, s’occupe
des comptes, que de dormir 8 heures par jour est recommandé par Santé Canada…
Elle s’étouffera de rire (parce que vaut mieux en rire). Ajoute à cette liste d’épicerie
de tâches quotidiennes (Ah! J’ai oublié l’épicerie!) un deuxième boulot pour
arriver à avoir un salaire « décent » et tu comprendras que le
sommeil est un luxe.
Je l’aime bien Raymunda. Nos cafés hebdomadaires (parce que
c’est une placoteuse) font partis de ma nouvelle routine. La semaine dernière,
elle m’avoue que de côtoyer des étrangers a changé un peu sa manière de voir. Elle
qui croyait être vouée à vivre sa vie à Sucre parce que, même si elle espérait,
sont destin était prédestiné. Maintenant, elle voit la vie de manière plus
optimiste. Même si « quand on veut, on peut » est une expression qui
n’existe pas ici, vaut toujours mieux un peu d’espoir qu’une claque dans face.
Elle me fait du creton demain… Quand on veut, on peut après tout!
Elle me fait du creton demain… Quand on veut, on peut après tout!