mardi 12 juin 2012

Tout en courbes


La courbe de l’Expat

Nombreux sont les artistes qui croient que la souffrance, le deuil, ou tout autre genre d’épreuve existentielle obscure, sont moteurs à la création. Sans être en deuil et encore moins une artiste, la Feu-travailleuse-culturelle que je suis s’est rapidement rendue compte que quand je ne feel pas, je n’écris pas. Pas de ma faute, rien ne vient. Que des petites trucs beaucoup trop drabes pour que je partage.  J’ai traversé un beau petit down d’un mois qui s’explique comme suit : Phase de dépression. Rien de moins… Et pour ceux qui en doutent, M. Indian Samourai me l’a dit : http://www.indiansamourai.com/media/02/02/222358276.pdf

Ceux qui me connaisse (bien ou moins bien) savent ou se doutent que Moi + Déprime = Pas si pire que ça. Anyway, je ne m’attarderai pas sur mes états d’âme bien longtemps car cette époque (de quelques jours) est révolue maintenant. Regain d’énergie, de motivation, de sourire dans’ face, qu’après coup, j’expliquerais ainsi : transition de la phase « Voyage » à celle « On se pose ». Ou en d’autres termes, passer de « Expérimentation-tout-est-une-découverte » à « Ok-maintenant-que-j’ai-vu-et-fait-ben-des-affaires-c’est-le-temps-que-j’arrête-de-m’étourdir-et-que-je-trouve-mon-rythme ».  À suivre.

Les courbes de l’Expat

Donc, en voyant ces courbes prendre de l’ampleur (et pas juste sur le graphique… sur l’expat aussi) je commence à danser. On aime! Ça implique une certaine routine et une certaine énergie / sobriété. Bon. Même si « danser » est un bien grand mot jusqu’à présent (une seule pratique de faite) mais j’ai quand même espoir que j’arriverai à faire ceci http://www.youtube.com/watch?v=o07Zkwsz2OI&feature=related pour la Entrada (défilé de deux jours) de Sucre en septembre prochain. À suivre.

Pour me donner une chance d’être prête et participer à ce Carnaval-petite-échelle et danser 10hrs en ligne, retour au gym oblige. On va les soigner ces courbes, me dis-je. Séances de spinning depuis deux semaines, portrait de la séance d’aujourd’hui :

Suant ma vie sur ce vélo trop vieux pour mes fesses, l’entraineur qui, notons-le, n’est pas laid du tout (boliviennement parlant… j’ai adapté mes critères depuis le temps) décide d’entamer la discussion. Je le répète, suant à grosses gouttes sur mon guidon, et comprenant par le fait même l’utilité d’avoir des sourcils, j’essaie de trouver mon souffle entre deux coups de pédale pour répondre aux habituelles questions. Un peu le même genre de timming que quand le dentiste te parle et que t’as la gueule pleine d’outils bruyants. Pas super moment mais bon. Discutons...
« Tu travailles ou? … Ça fait combien de temps que t’es ici? Connais-tu telle, telle personne? » Etc. Etc. Etc.

Questions auxquelles j’ai répondu avec toute la misère du monde, tellement essoufflée qu’on aurait pu compter « mille et un, mille et deux » entre chaque mot. Mais vu ses jambes de cycliste, j’ai fait un effort. « Centro… … … Juana … … … Azurduy » répondant à sa première question, et ainsi de suite. Il est patient. Donc, parle, parle (lui), époumone, époumone (moi), bref ça va bon train, jusqu’à ce que le cours finisse.
Pour clore les politesses, je demande : « Et ton nom, c’est…? »
Lui de répondre, tout sourire, « Sandro ».
Aaaaahhhh!! SANDRO, c**liss! Un autre sur la liste des Rejetés.

Revenant du gym, souriant dans ma barbe en me disant « J’peux pas croire qu’il existe un masculin à Sandra », c’est alors que je croise un nain. Avec tout mon autodiscipline habituelle (aucune) je me surprends à rire à haute-voix d’autant plus que dans ma tête, ça sonne « Oh my god, j’ai croisé un Bolinain ». Continuant ma déambulation nocturne de plus en plus rigolote, j’entends un hippie et sa guitare chantonner un air qui m’apparait familier. Quelques coins de rue plus loin, j’allume…

« Quellllll Calvairrrrrrrrrrrrrrrrrre, Calvairrrrrrrrrrrrrrrrrrrre, Caaaaaaaalllvaiiiiiiirrrrrrre »

J’aime quand ma tête me joue des tourrrrrrrrs.

Ma tête rêve à vous depuis deux jourrrrrrrrrrs.

Et le prochain qui me parle de plage, je le pète à mon retourrrrrrrrrr.