lundi 23 juillet 2012

Veux-tu être mon ami?

Bon, une autre fête... sans être fériée (dommage): Aujourd'hui, c'est la fête de l'amitié.

Me, myself and I, on en a jasé longtemps et on en aurait long à dire sur l'amitié. En fait, depuis mon départ/arrivée, régulièrement je me questionne, remets en doute, réfléchie sur la question. Parce qu'en presque un an d'éloignement, l'amitié fait des bonds, s'altère, s'oublie, réapparaît, change de forme, se définie et se re-définie. Pour ne pas éveiller l'éternel discours sans fin du "C'est toi qui donne pas de nouvelles! NON c'est TOI!" Voyez le genre? Mon point n'est surtout pas de tomber dans l'auto-culpabilisation et encore moins dans l'accusation. Je le dis en toute neutralité du ton, ne vous méprenez pas.


C'est un fait: Le temps passe, on se perd de vue, on change, plus on vieillit, plus on apprend à vivre seul(e), tolérant nos p'tits bobos sans avoir besoin d'aucune autre oreille que les deux siennes pour en faire état. On maturie ou on se vieill' fillise ? Dépend des jours... Mais on a beau s'autonomiser, s'indépendantiser, prendre soin de soi soi-même, ça a ses limites. Arrive toujours un point où faut que ça sorte... C'est alors qu'on réalise qu'à force de s'indépendantiser, on a perdu une couple d'oreilles en cours de route. Ou du moins, fait son apparition une nouvelle notion de "valeur de l'oreille" envers laquelle tu vas te pencher.
 
 
Les amis du Québec suivent de moins en moins les élucubrations de la Tìa Virgen (est-ce qu'ils la connaissent?) et les oreilles québécoises sont de moins en moins utilisées. Concours de circonstances inévitable. Maintenant, c'est devenu un peu comme si vous regardiez l'épisode 6 de Votre-Série-Préférée et vous souhaiteriez intensemment partager ce moment avec un être cher. Mais malgré les bonnes intentions et l'amour réciproque, existera toujours ce décalage qui se traduira par des "C'est qui lui?" ou des "Pourquoiiii, hein?".
 
 
Alors que les amis de Bolivie, c'est compliqué. Soit ils te connaissent tout simplement pas assez pour comprendre tes paterns ou ton background. Parfois trop lié au travail. Soit trop proches les uns des autres pour avoir la certitude qu'une confidence ne se transformera pas en potin du lendemain. Soit parce que la proximité "obligée" teinte assurément l'intérêt véritable. Anyway, la confiance ou la connaissance de l'autre, ça se construit pas en criant ciseau...
 
 
Reste la famille. Toujours là. Toujours à date. Toujours dispo. Toujours intéressée. Ça, ça reste de la grande valeur auditive!
 
 
Alors, tu veux en venir où, mamita?!?
 
 
Aucune idée. Drôle d'hommage me direz-vous, en ce jour de l'amitié.
 
 
Ce que je veux dire, au final c'est que peu importe la forme qu'a pris ou prendra cette dite relation qu'on a, toi et moi. Peu importe comment elle est née. Peu importe si elle n'a pas passé le cap de chumey-chumey. Peu importe si on se revoit juste dans deux ans ou, juste pas pantoute. Elles me sont toutes chères ces relations. Chères même si on ne les entretient pas assez. Chères même si les probabilités font qu'on risque de se perdre de vu à un certain moment donné. Chères parce que quand je fêterai ce vingt-neuvième anniversaire sous peu, vous serez là, juste à penser à cette soixantaine de faces que j'ai croisées à mon party de départ.
 
 
Parce que, parfois tu me fais rire et d'autres fois tu me fais pleurer.

Parce que sans nul doute tu fais partie de ce que je suis...
 
 
Veux-tu être mon ami?
 
 
Avec plus d'amour que jamais...

vendredi 13 juillet 2012

Organisatrice d'événements

Y’a à peine une semaine, on me charge de coordonner une série d’activités pour festoyer l’anniversaire de naissance de la guerrière et héroïne de la guerre de l’indépendance hispano-bolivienne, Juana Azurduy. L’organisme avec qui je travaille, soit dit en passant, porte fièrement son nom alors participation institutionnelle oblige... Trois petites activités en trois jours. On a déjà vu pire!

Ce matin, présentation d’un livre publié en collaboration avec la Ville de Sucre. Dès le départ, je crois que c’est universel, une activité faite en collaboration avec peu importe quelle instance gouvernementale comporte toujours son lot de problèmes et de complications. Les nôtres ont commencés hier, lorsque l’on a reçu une invitation émise par ce même « municipio » à une conférence de presse, (même heure, porte d’à-côté) pour annoncer la publication d’une revue mettant à l’honneur la même héroïne. BRA-VO. Après quelques coups de fil, on finit par annoncer au département de la Culture que celui des Communications avait programmé deux trucs en simultannés. Je vous épargne les détails…
Ce matin, en terminant (« terminer » voulant dire qu’il ne restait que la table d’accueil à setter, le son, pendant que le serveur de vin manque à l’appel et la responsable de la Ville est partie à course chercher la seule chose dont elle devait s'occupper et qu’elle avait oublié : l’ordinateur pour la projection)... je disais donc, terminant de monter la salle une demie heure avant la dite activité (pas de panique, c’est nowmal! Dans ce genre de situation, si tu passes au-travers, c’est que t’es né pour l’événementiel je crois ou en d’autres termes, capacité extrême à gérer ton stress.) les gens improvisent, disparaissent, certains ont l’esprit d’initiative, d’autres panique et essaie de régler des problèmes inventés. Ben intéressant, finalement! En tout cas, moi ça m’amuse.

Faits cocasses de la matinée :

-          Un serveur qui disparait (y’en avait juste un) ;

-          Une table au soleil qui fait cuire les livres ;

-         Obstination avec une vieille dame qui EXIGE un exemplaire sans comprendre qu’ils sont réservés aux médias… J’ai fini par céder ;

-          Allez recruter soit même une gang de journalistes l’autre bord de la rue, occupés à couvrir une « rencontre de cuisiniers »;

-          Réquisitionner un lutrin sans savoir le mot (on s’est heureusement pas rendu au mime);

-          Me reste demain…

Cool non!?!
J’peux plus m’en cacher … je pense que j’suis fait pour ça.

mardi 3 juillet 2012

Actualité et affaires de cœur

Bonjour la police!
 

Petite note d'actualité: La semaine dernière, les policiers boliviens étaient en grève pour, évidemment, que le gouvernement améliore leurs conditions de travail. Jamais eu grande compassion pour les "maudites" polices, mais j'ai appris quelques trucs durant cette grève. Les policiers d'ici, en plus de gagner un salaire médiocre, doivent s'acheter leur propre uniforme, voire même leur arme (Ahhh, c'est donc pour ça que j'ai vu des gilets pare-balles en vente au marché!). C'est d'ailleurs pour cette raison que plusieurs d'entre-eux n’ont que la matraque (moins cher). Un petit bonus en dessous de la table leur permette d’augmenter leur salaire de crève-faim, et nous, de toujours avoir un plan B pour contrer les lois en vigueur (que j'ai d'ailleurs pu expérimenter lors d’une certaine nuit à dormir dans une voiture louée... promis maman, je ne le referai plus). Le temps d'une grève, les banques étaient fermées (Absence de surveillance policière oblige, et les agents de sécurité privés non pas le port d'arme réglementé alors...). En guise de menace, les policiers ont fait savoir au gouvernement que s’il ne voulait pas négocier, ils allaient ouvrir les portes de la prison nationale à Sucre (mon voisin de deux coins de rue) et libérer les détenus (déjà mis en pratique, apparemment!). Deux jours plus tard, le conflit était réglé. Fiou!



Ma vie est un film de fille
(Ou Romantico-moucheton una vez mas)
 

C'est à mes dépend qu'au fil des jours, je me rends compte que je tombe systématiquement en amour au quotidien. Une rue traversée mille fois, à la mille-et-unième fois, un rayon de lumière la traverse et poum... mon cœur s'emballe; un danseur de Caporal qui sourit et met une pincée d'énergie de plus que les autres et Poum... je suis hypnotisée et double ma concentration pour ne pas perdre pied (j'ai ma fierté!); je fais mes courses du dimanche, direction marché central, rigole avec la vendeuse qui essaie de pousser le bouchon de la moins-en-moins-naïve-gringuita en essayant de me vendre 2 douzaines de mandarines pour un prix de fou, revenant avec mon unique douzaine, tout sourire de l'avoir payé 2 piasses et demi et d'avoir fini par discuter une demie heure avec la marchande, qui, je crois, ne me reconnaitra jamais malgré mes visites hebdomadaires, Re-Poum.
 
Mon "POUM" d'aujourd'hui, je le dois à ce "Touriste à domicile" (que je ne crois pas connaître mais suis assurée que si l'on se donnerait la peine, on trouverait sûrement un quelconque lien de la fesse droite ou gauche), qui prouve que la découverte et le voyage n'a rien à voir avec le prix d'un billet d'avion. À lire, l’ensemble de ses billets: http://www.mauvaiseherbe.ca/2012/06/18/touriste-a-domicile-2/


Pourquoi se taire quand on peut parler météo

J'ai essayé de fouillé sur la fonction sociale de parler météo, mais sans grands résultats (du moins, dans la grande et trop souvent sans profondeur bibliothèque des interwebs). Un seul mini texte qui sort un peu des textes d'humeur de magazine féminin http://www.reforme.net/une/societe/temps-quil-fait. Si le cœur vous en dit et vous trouvez quelque chose d'intéressant, faites-le moi savoir...

Tout ça pour dire que c'est l'hiver ici, bon yeu! Et que depuis quelques semaines, TOUTES mes journées sont teintées d'innombrables "Hace frio, no?". Oui, il fait froid! Mais qu’à l'intérieur. Il fait tellement froid dans les bureaux que nous travaillons avec gants sans doigts (question de garder le moindrement d'aisance à écrire sur nos claviers), de manteau d'hiver (d'hiver bolivien, on s'entend) et de foulard d'alpaca (qui s'approche beaucoup plus de la couverte que du foulard). Et sachez que sans ses épaisseurs, c'est vrai qu'on est plus beau. C'est probablement la raison pour laquelle on en fait tant état dans les magazines féminins. La preuve: essayez de marcher congelé décontracté! C'est comme atchoumer les yeux ouverts. Un tour de force!

Bref, parler météo a sans contredit une fonction sociale. Quoi de plus simple que de rentrer en contact avec n'importe qui avec un sujet de discussion aussi futile. C'est pas comme si tu entrais vraiment en contact avec ton interlocuteur non plus. J'ai jamais entendu quelqu'un se confier après un "ça va". Ou plutôt, les rares fois où on m'a réellement compté ses états d'âme après un simple "ça va" de courtoisie je me suis tout de suite dit "Ah mon dieu, la lourde!". Alors voilà, ceci étant dit, j'en viens au fait. Quand vous étalez votre beau soleil dans vos statuts facebook, la fonction sociale se transforme en une envie violente de se baigner dans un lac. Et c'est alors que je me dis "Ah mon dieux, qu'ils sont lourds!". La prochaine fois que vous vous baignerez allégrement dans un lac aussi grand que la mer, une petite pensée pour moi emmitouflée comme un ours s'impose.


Caporal (la suite…)

J'ai oublié de préciser dans mon dernier texte...  J'ai bel et bien commencé à danser et j'ai de plus en plus la certitude d'être prête pour la Entrada de Sucre (défilé, parade ou mini-carnaval, traduisez ça comme vous voulez). Ce que j'ai omis de dire c'est que je ne porterai pas la jupette et ne me dandinerai pas comme le font les jolies demoiselles. Regardez plutôt les hommes... Je suis une "Macha Caporal": Femme qui danse comme les hommes. Je re-post le vidéo http://www.youtube.com/watch?v=o07Zkwsz2OI&feature=related
J'ai comme l'impression que ça ne vous étonne pas une miette...




À la revoyure les voyous!
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