Me, myself and I, on en a jasé longtemps et on en aurait long à dire sur l'amitié. En fait, depuis mon départ/arrivée, régulièrement je me questionne, remets en doute, réfléchie sur la question. Parce qu'en presque un an d'éloignement, l'amitié fait des bonds, s'altère, s'oublie, réapparaît, change de forme, se définie et se re-définie. Pour ne pas éveiller l'éternel discours sans fin du "C'est toi qui donne pas de nouvelles! NON c'est TOI!" Voyez le genre? Mon point n'est surtout pas de tomber dans l'auto-culpabilisation et encore moins dans l'accusation. Je le dis en toute neutralité du ton, ne vous méprenez pas.
C'est un fait: Le temps passe, on se perd de vue, on change, plus on vieillit, plus on apprend à vivre seul(e), tolérant nos p'tits bobos sans avoir besoin d'aucune autre oreille que les deux siennes pour en faire état. On maturie ou on se vieill' fillise ? Dépend des jours... Mais on a beau s'autonomiser, s'indépendantiser, prendre soin de soi soi-même, ça a ses limites. Arrive toujours un point où faut que ça sorte... C'est alors qu'on réalise qu'à force de s'indépendantiser, on a perdu une couple d'oreilles en cours de route. Ou du moins, fait son apparition une nouvelle notion de "valeur de l'oreille" envers laquelle tu vas te pencher.
Les amis du Québec suivent de moins en moins les élucubrations de la Tìa Virgen (est-ce qu'ils la connaissent?) et les oreilles québécoises sont de moins en moins utilisées. Concours de circonstances inévitable. Maintenant, c'est devenu un peu comme si vous regardiez l'épisode 6 de Votre-Série-Préférée et vous souhaiteriez intensemment partager ce moment avec un être cher. Mais malgré les bonnes intentions et l'amour réciproque, existera toujours ce décalage qui se traduira par des "C'est qui lui?" ou des "Pourquoiiii, hein?".
Alors que les amis de Bolivie, c'est compliqué. Soit ils te connaissent tout simplement pas assez pour comprendre tes paterns ou ton background. Parfois trop lié au travail. Soit trop proches les uns des autres pour avoir la certitude qu'une confidence ne se transformera pas en potin du lendemain. Soit parce que la proximité "obligée" teinte assurément l'intérêt véritable. Anyway, la confiance ou la connaissance de l'autre, ça se construit pas en criant ciseau...
Reste la famille. Toujours là. Toujours à date. Toujours dispo. Toujours intéressée. Ça, ça reste de la grande valeur auditive!
Alors, tu veux en venir où, mamita?!?
Aucune idée. Drôle d'hommage me direz-vous, en ce jour de l'amitié.
Ce que je veux dire, au final c'est que peu importe la forme qu'a pris ou prendra cette dite relation qu'on a, toi et moi. Peu importe comment elle est née. Peu importe si elle n'a pas passé le cap de chumey-chumey. Peu importe si on se revoit juste dans deux ans ou, juste pas pantoute. Elles me sont toutes chères ces relations. Chères même si on ne les entretient pas assez. Chères même si les probabilités font qu'on risque de se perdre de vu à un certain moment donné. Chères parce que quand je fêterai ce vingt-neuvième anniversaire sous peu, vous serez là, juste à penser à cette soixantaine de faces que j'ai croisées à mon party de départ.
Parce que, parfois tu me fais rire et d'autres fois tu me fais pleurer.
Parce que sans nul doute tu fais partie de ce que je suis...
Veux-tu être mon ami?
Avec plus d'amour que jamais...
Belle Virginie,
RépondreSupprimerPas quétaine pantoute !! Ton texte m'a beaucoup émue ; tu arrives à mettre les bons mots... Je comprends tout à fait ce que tu dis. Pour ma part, j'ai appris à vivre avec cet éloignement, ce décallage et j'ESSAIE de renforcer les amitiés québécoises pendant l'été... Pas toujours facile ! La chance que j'ai, c'est que j'ai maintenant une vraie amie là-bas ; ça, ça vaut de l'or et ça change la vie d'une expat ! Ca te donne tout à coup l'impression d'être véritablement intégrée dans ton nouveau pays.
Je te souhaite de tout mon coeur, en cette journée de l'amitié, d'arriver à développer une vraie amitié bolivienne.
C'est toujours un plaisir de te lire !
Je t'embrasse fort mamita !
Cynthia xxx
Ahhh, Cynthia!
Supprimer(Fidèle lectrice! T'en perd pas une, même au Québec... ;)
Merci pour ton souhait mais t'inquiètes, j'en ai des vrais amis ici. Tu comprendras que, pour les besoins de la cause, j'ai généralisé et omis volontairement de mentionner quelques belles personnes qui m'entourent.
(Mea Culpa à ces belles personnes)
Je crois qu'au fond, le problème, c'est moi. Pas facile de faire confiance (sans même que l'autre ait brisé quoi que ce soit).
"Salud", aux filles pas faciles!
Et bon séjour chez-vous, beauté! Profite du Québec, de ses lacs, du soleil et surtout, de ses gens!
xx