Sacré Gringita!
Discussion anodine mais fréquente avec chauffeurs de taxi :
Traduction personnelle mais fidèle
LUI - Vous êtes d’où?
MOI - Québec…. SILENCE … La partie française du Canada.
L - Aaah! Hhhaow dou you dou?
M- J’pense qu’y a pas pigé. Je répète.
Je vous épargne les :
LUI - Ça fait combien de temps que t’es ici? T’aimes ça la Bolivie? Tu restes pour combien de temps… et autres futilités… passons à la quatrième question.
LUI, toujours - Et t’es mariée?
M - Non
L - Tas un copain qui t’attend au Canada?
M - Non
L – Aaaahhh! Tu vas sûrement te marier avec un Bolivien alors…
MOI qui se dit qu’on a passé plusieurs étapes ici - Ah oui? Et pourquoi?
LUI - Ben là! En deux ans, tu vas finir par te trouver un homme! (Ok… j exagère à peine dans le ton mais le message est clair)
Parce que d’être célibataire, plus on vieillit, plus ça semble être une fatalité (ici ou ailleurs). La différence, c’est qu’ici, on parle de mariage… et je fais encore plus « cas à part » considérant que les jeunes filles commencent à avoir des bébés en moyenne entre 16 et 18 ans.
Suite a cela, un chauffeur s’est démarqué dans la discussion :
LUI - De toute façon, tu vas en trouver un bientôt… un beau aux yeux verts.
MOI - Hein?
L UI- Ben! (avec le ton traduisant un : Ben voyons, pauvre cloche non chrétienne!) La fin approche! Le christ (référence à ses beaux yeux verts de tantôt) viendra sur terre bientôt pour annoncer l’avènement de… j’sais pu trop quoi!!! (dernière partie de mon crue)
Fiou! Arrivée à destination!
Rare comme d’la marde de pape
Ben beau toutes ces belles paroles d’hommes d’expérience mais des Bol’ qui sont beaux, ça court par les rues! (« Beaux » pour moi, on s’entend. Je ne juge personne. Je sais que les standards de beauté sont culturels et blablablapolitically, et blablablacorrect. J’ai d’ailleurs modifié mais critères depuis mon arrivée. Mais’encore…) N’empêche qu’ils ne courent pas les rues quand même c’est beaux Bol’ (Pour l’exercice je simplifierai en BôBol, si vous permettez. Dans pas long je m’invente un nouveau registre de vocabulaires cool et vous invite pour un C.A.).
Pour les rares fois où j’ai eu la chance de croiser un BôBol, voici la démarche :
Tout de suite après avoir pris le dessus sur ma crise d’épilepsie naissante mélangée avec un peu de Tourette.
Étape # 1 : Indiquez clairement du regard qu’il est une espèce rare et convoitée.
(N.B. Prenez soin d’effacer toute trace de bave sur le coin de votre bouche)
(N.B. Prenez soin d’effacer toute trace de bave sur le coin de votre bouche)
(N.B.B. N’en faites pas trop, évitez de franchir la mince ligne du look- psycho)
Étape #2 : S’il n’a pas croisé votre regard, courrez rapidement au prochain coin de rue afin de répéter l’étape #1 car rappelez-vous, cet être est quasi en voie d’extinction.
Étape #3 : Malgré l’envie de souffler dans un sac brun pour reprendre votre souffle, reprenez votre démarche de Femme (avec un grand F parce que les Femmes ici sont fières, se dandinent, exploitent leur féminité jusqu’au bout des ongles manucurés avec des ‘tites étoiles, des ‘tits brillants et tout le clinquants qui vient avec).
Étape #4 : …. Euuuhhh… … hummm… Pas encore rendue là dans mon processus. Un jour peut-être.
À suivre