mardi 12 juin 2012

Tout en courbes


La courbe de l’Expat

Nombreux sont les artistes qui croient que la souffrance, le deuil, ou tout autre genre d’épreuve existentielle obscure, sont moteurs à la création. Sans être en deuil et encore moins une artiste, la Feu-travailleuse-culturelle que je suis s’est rapidement rendue compte que quand je ne feel pas, je n’écris pas. Pas de ma faute, rien ne vient. Que des petites trucs beaucoup trop drabes pour que je partage.  J’ai traversé un beau petit down d’un mois qui s’explique comme suit : Phase de dépression. Rien de moins… Et pour ceux qui en doutent, M. Indian Samourai me l’a dit : http://www.indiansamourai.com/media/02/02/222358276.pdf

Ceux qui me connaisse (bien ou moins bien) savent ou se doutent que Moi + Déprime = Pas si pire que ça. Anyway, je ne m’attarderai pas sur mes états d’âme bien longtemps car cette époque (de quelques jours) est révolue maintenant. Regain d’énergie, de motivation, de sourire dans’ face, qu’après coup, j’expliquerais ainsi : transition de la phase « Voyage » à celle « On se pose ». Ou en d’autres termes, passer de « Expérimentation-tout-est-une-découverte » à « Ok-maintenant-que-j’ai-vu-et-fait-ben-des-affaires-c’est-le-temps-que-j’arrête-de-m’étourdir-et-que-je-trouve-mon-rythme ».  À suivre.

Les courbes de l’Expat

Donc, en voyant ces courbes prendre de l’ampleur (et pas juste sur le graphique… sur l’expat aussi) je commence à danser. On aime! Ça implique une certaine routine et une certaine énergie / sobriété. Bon. Même si « danser » est un bien grand mot jusqu’à présent (une seule pratique de faite) mais j’ai quand même espoir que j’arriverai à faire ceci http://www.youtube.com/watch?v=o07Zkwsz2OI&feature=related pour la Entrada (défilé de deux jours) de Sucre en septembre prochain. À suivre.

Pour me donner une chance d’être prête et participer à ce Carnaval-petite-échelle et danser 10hrs en ligne, retour au gym oblige. On va les soigner ces courbes, me dis-je. Séances de spinning depuis deux semaines, portrait de la séance d’aujourd’hui :

Suant ma vie sur ce vélo trop vieux pour mes fesses, l’entraineur qui, notons-le, n’est pas laid du tout (boliviennement parlant… j’ai adapté mes critères depuis le temps) décide d’entamer la discussion. Je le répète, suant à grosses gouttes sur mon guidon, et comprenant par le fait même l’utilité d’avoir des sourcils, j’essaie de trouver mon souffle entre deux coups de pédale pour répondre aux habituelles questions. Un peu le même genre de timming que quand le dentiste te parle et que t’as la gueule pleine d’outils bruyants. Pas super moment mais bon. Discutons...
« Tu travailles ou? … Ça fait combien de temps que t’es ici? Connais-tu telle, telle personne? » Etc. Etc. Etc.

Questions auxquelles j’ai répondu avec toute la misère du monde, tellement essoufflée qu’on aurait pu compter « mille et un, mille et deux » entre chaque mot. Mais vu ses jambes de cycliste, j’ai fait un effort. « Centro… … … Juana … … … Azurduy » répondant à sa première question, et ainsi de suite. Il est patient. Donc, parle, parle (lui), époumone, époumone (moi), bref ça va bon train, jusqu’à ce que le cours finisse.
Pour clore les politesses, je demande : « Et ton nom, c’est…? »
Lui de répondre, tout sourire, « Sandro ».
Aaaaahhhh!! SANDRO, c**liss! Un autre sur la liste des Rejetés.

Revenant du gym, souriant dans ma barbe en me disant « J’peux pas croire qu’il existe un masculin à Sandra », c’est alors que je croise un nain. Avec tout mon autodiscipline habituelle (aucune) je me surprends à rire à haute-voix d’autant plus que dans ma tête, ça sonne « Oh my god, j’ai croisé un Bolinain ». Continuant ma déambulation nocturne de plus en plus rigolote, j’entends un hippie et sa guitare chantonner un air qui m’apparait familier. Quelques coins de rue plus loin, j’allume…

« Quellllll Calvairrrrrrrrrrrrrrrrrre, Calvairrrrrrrrrrrrrrrrrrrre, Caaaaaaaalllvaiiiiiiirrrrrrre »

J’aime quand ma tête me joue des tourrrrrrrrs.

Ma tête rêve à vous depuis deux jourrrrrrrrrrs.

Et le prochain qui me parle de plage, je le pète à mon retourrrrrrrrrr.

mardi 8 mai 2012

Hommage à une femme de ménage


J’encourage l’économie locale en aidant une femme à avoir un revenu décent en échange de services rendus.

Bref. J’ai une femme de ménage.

Je vous assure que c’est plus pour aider que pour mon ménage en soit! Bon, vous ne me croyez pas. Je vous entends riposter d’ici, mais c’est vrai! De toute façon, si c’était juste dans un esprit de paresse que je l’engageais, je ne m’en pèterais pas les bretelles à tout vent sur le web! Je vous entends penser d’ici… « Bla, bla, bla… r’garde qu’est-ce qu’elle fait avec mes taxes! » ou encore « Bla, bla, bla… la bourge! ». Eh bien, à cela je répondrai :

Aux « Bla, bla, bla… mes taxes! »

Sache que si tout ce qui reste de la contribution canadienne donnée aux pays en développement passe par le salaire direct que je donne à quelqu’un sur place, c’est quand même mieux que de l’économiser pour me prendre des REER à mon retour.

Aux « Bla, bla, bla… la bourge! »

Tu as peut-être en partie raison MAIS on s’entend tu que le cirage de plancher au deux semaines, bourge ou pas, c’est pas nécessaire?!? Même que bien desfois, je l’annulerais bien la Raymunda. Mais annuler notre rendez-vous hebdomadaire voudrait dire moins d’argent dans ses poches. Au lieu, je trouve d’autres trucs à faire. Anyway, Raymunda n’aime pas avoir des congés. Les congés l’insécurisent. Un congé mérité, parce qu’elle a travaillé dur? Pour prendre soin d’elle? C’est culturelle ça, vous savez?

Ici, le sommeil est un luxe, vous saviez? Je dis « ici » mais va dire à n’importe quelle femme ayant des enfants, qui travaille déjà un minimum de 8 heures par jour, qui fait la bouffe, le lavage, le ménage, s’occupe des comptes, que de dormir 8 heures par jour est recommandé par Santé Canada… Elle s’étouffera de rire (parce que vaut mieux en rire). Ajoute à cette liste d’épicerie de tâches quotidiennes (Ah! J’ai oublié l’épicerie!) un deuxième boulot pour arriver à avoir un salaire « décent » et tu comprendras que le sommeil est un luxe.

Je l’aime bien Raymunda. Nos cafés hebdomadaires (parce que c’est une placoteuse) font partis de ma nouvelle routine. La semaine dernière, elle m’avoue que de côtoyer des étrangers a changé un peu sa manière de voir. Elle qui croyait être vouée à vivre sa vie à Sucre parce que, même si elle espérait, sont destin était prédestiné. Maintenant, elle voit la vie de manière plus optimiste. Même si « quand on veut, on peut » est une expression qui n’existe pas ici, vaut toujours mieux un peu d’espoir qu’une claque dans face.

Elle me fait du creton demain… Quand on veut, on peut après tout!

vendredi 13 avril 2012

Essaie de ne pas saigner du nez

Oh que j’ai parlé trop vite moi là… L’effet papillon de notre gouvernement bien-aimé *mal de cœur*  se fait sentir jusqu’ici. Là, ça fera! Mon tour de m'indigner...

Je ne suis pas une politicienne experte, ni analyste de la conjoncture mondiale actuelle, je suis juste une verte lectrice, mais de plus en plus assidue, de l'actualité canadienne saupoudré d’une pincée d'international. Mais international, faut le dire vite. Notons que Cyberpresse + Nouvelles internationales = Survol grossier qui se résume à 70% d’États-Unis (encore chanceux que Britney Spears est dans la section « Arts et Culture »), 20% de politique européenne et 10% de sang, tragédies, meurtres et faits divers qui se sont passés hors de nos frontières.


Donc, depuis mon arrivée, évidemment que je me penche un peu plus sur le dossier « aide / développement / humanitaire ». Et encore une fois, on nous prend vraiment pour des épais! Ciboulot de Gouvernement (que je mets avec un grand G parce que peu importe le pallier, c'est du pareil au même: du beau "n'importe quoi"!).


Leçon de manipulation de masse # 5 : S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge


La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? «Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celle d’une personne de 12 ans».


Bref portrait des nouvelles orientations 2012 de l'ACDI:

Donc, mort de Droits et Démocratie,
Création d'un bureau de la liberté de religieuse.
 

(Bureau créé par le ministère des affaires étrangères pour "promouvoir et défendre la liberté de religion" pour soit disant « reconnaitre les minorités religieuses ». Et le catholicisme aussi j’imagine? Ils disent « L’histoire nous a montré que la liberté de religion et la liberté démocratique sont indissociables ». Ah oui? C'est moi ou ça sonne pré-révolution tranquille? Séparation de l'Église à l'État? Je mélange tout?)

Continuons… Affiliation avec des industries minières à l'étranger, ouvertement "nouveaux meilleurs amis" de la Bev Nationale. Notre ministre adorée témoigne que d'aider les pays qui possèdent déjà des ressources permet de meilleur résultats. J’ajoute meilleurs résultats économiques qui permettront aux opprimés d’avoir un salaire, donc un pouvoir d’achat. Lucky guys! Création de nouveaux consommateurs! Et ceux qui n'en ont pas de ressources? Ça vaut pas l'coup? Le nouvel objectif, développer de la main d'œuvre pour leur créer de l'emploi pour faire rouler les mines.


Et apparemment que de s'acoquiner avec les industries minières occupe tout le temps de la medame parce que qu'elle refuse obstinément à rencontrer l'Association québécoise des organismes de coopération internationale. Pas le temps! On attend après les réponses de subventionneurs, tire le 'yable par la queue comme n'importe quel organismes sociaux, communautaires ou culturels au Canada, pis en plus de leur couper les ailes on veut surtout pas les entendre.


Leçon de manipulation de masse #2 : Créer des problèmes, puis offrir des solutions


Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

Question de ne pas dire de niaiserie, je pousse mes recherches sur le net. DERNIÈRE HEURE: L'ACDI coupe officiellement 7 des pays aidés par le gouvernement canadien (dont le Rwanda), on diminue l'apport à 5 pays (dont Haïti, et aussi la Bolivie... JODER!), 300 emplois éliminés à l'Agence.

"Les projets à risque portent entre autres sur la prévention du sida, sur la lutte contre la malnutrition, sur la vaccination et sur la formation de la main-d’œuvre." Apparemment que le "Canada se retrouvera d'ici trois ans parmi les pays les plus pingres de la planète pour l'aide internationale relative au revenu national brut."

Bon. Pu tant besoin de lire l'article, je l'ai pas pire résumé... mais le-voici quand même:


Leçon de manipulation de masse #3/ La stratégie de la dégradation


Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

Excusez-moi mais j'ai peur. J'ai pas peur pour ma job. On est gâté nous au Keneda. J'ai mon mandat et après, on verra bien. J'ai plutôt peur pour ceux qui y croient, ceux qui ont un espoir sans bornes, les clowns et les médecins sans frontières par exemple. Parce que selon moi, le sourire et la santé (pour ne pas dire « le sourire c'est la santé ») c'est le principal pour vraiment participer à un monde meilleur.


Eh toi! Jeune étudiant(e) ou tout autre type d'être humain en colère! Méfie-toi et ouvre l’œil… Nos politiciens ne s’acharnent pas seulement sur toi :

Leçon de manipulation de masse #1/ La stratégie de la distraction
Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. »

Un beau résumé de la manipulation de masse par Noam Chomsky:

jeudi 12 avril 2012

Changer l'eau en vin

J'donne de moins en moins de nouvelles... de moins en moins d'inspiration... textes de plus en plus plates...


Encore en train de fouler le neuf. Mais au fond, tout est toujours flambant neuf. Quand aller au marché le week-end devient une expérience en soi… La dernière fois, j’me suis perdue. Perdue dans entre les montagnes d’ananas pis les cochons dépoilés. S’étonner devant les couleurs des bacs de piment broyé pis des 30 variétés de patates différentes. Bref, toujours en connaissance du pays, avec les yeux grands ouverts et le sourire fendu jusqu’aux sourcils.

Toujours est-il qu’encore dans le mood « On découvre du pays », je me promène aussitôt que j’en ai l’occasion. La fin de semaine dernière, je profite allègrement du congé de Pâques et me dirige vers Tarija, ville du vin (bolivien on s’entend! Rien à s’exciter le poil des jambes là). On arrive donc à destination, à quatre heures de la frontière argentine, après 15 heures de bus. À l’intérieur de cette nuit de transport, une heure après le départ, problème mécanique, on arrête (c’est à se demander si on avait vérifié quoi que ce soit avant de partir). On repart, sans avoir réglé quoi que ce soit. Trois heures après le départ, on ré-arrête. Le problème ne s’est pas réglé seul… Ben beau être Pâques, les miracles ne courent toujours pas les rues. Solution : on apprend qu’une camionnette partira de notre destination en notre direction et lorsqu’on la rencontrera, on réparera l’autobus. D’ici là, vitesse de croisière 30 km/h. Première épopée et on est même pas encore arrivée.

Je résumerai le reste, toujours dans l’optique que le blogue de voyage du type Je-raconte-tel-quel : destinations-souvenirs-achetés-quelques-photos-qui-accompagnent-le-tout… c’est plate. Si vous voulez voir, y’a qu’à venir.
En bref :

- Loué un char;
- Première conduite bolivienne qui se passe sans anicroches – je comprend l’amour des chars des Saguenéens… Une voiture, c’est l’autonomie, voire un penchant vers la liberté (surtout quand il est loué!) – bref, m’ennuyais de conduire;
- Petite visite nocturne policière, à qui on offre gentiment une petite compensation monétaire pour nos « infractions » (tout aussi gentiment inventées pour arrondir les fins de mois des Mônsieurs) et on achète la paix;
- Route des vins (paysages plus que vins);
- Promenade. Sortie. Rencontres. Chaki (traduction familière de « lendemain de veille ») et retour… un autre repos bien mérité dans le 14 heures de bus pour revenir direction  bercail.
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Ce soir (avant-hier), j’ai vécu un Moment! Vous savez, ces moments où le poil nous dresse et on se dit « C’que j’ai d’la chance d’être ici, à ce moment précis! ». (J’entends mes boliviens d’adoption dire « BON! Virg a encore vécue un Moment! »)
Rien de bien sorcier : J’ai passé la soirée au Saguenay, partagé une coupe de coupes avec de super amis, les ai écouté mais surtout regardé, encore le sourire fendu jusqu’aux sourcils. Comme si j’y étais! Et au final, un p’tit « salut », des gros « je t’aime » pis on se déconnecte… et l’affaire est ketchup. Pas d’ennuie, pas de larmes (pas même au singulier), pas de regrets. Juste un gros merci à Steeve Job pis sa gang qui, si je les avais à côté de moi, leur donnerais une belle claque dans l’dos d’encouragement qui voudrait dire « Come on les boys, on est pas loin de la téléportation! Encore 4-5 ans pis c’est dans la boîte. ».

Mais en même temps, vous savez quoi? Comme probablement l’a fait ma Grand-mère à la vue de son premier micro-ondes : Pas sure la téléportation! J’me dis que le lieu géographique n’a rien à voir avec le plaisir d’interagir. Clairement que l’interaction, le toucher, la chaleur des chandelles, le chin chin réel… tout ça surpassent n’importe quelle webcam de ce monde, même haute définition. Mais d’un autre côté, ce que l’on cherche c’est quoi? Je ne m’émeus pas en me disant « Ah ce que le fjord me manque! » ou bien « Je paierais cher pour faire aller ma clotche dans les côtes de Chicoutimi-Nord ». Le Saguenay, pour moi, c’est vous. Et c’est ben pour dire hein, parce que sur plus ou moins une quinzaine de gens d’Oxfam-QC en Bolivie, y’en a le 2/3 qui vient du pays des bleuets.
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Un vieux propriétaire de fin-fond-de-vignoble-artisanal m’a dit « Donde hay vino, hay amor ». Je ne suis peut-être pas tomber en amour dans ce vignoble, mais ça ne m’empêche pas d’être bien d’accord avec lui quand même.
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Quand Qualité Motel, Avec pas d’casque et Lisa Leblanc te suivent jusqu’ici, il te faut quoi de plus, dites-moi…
Un show, me direz-vous?

Ouais… La saison s’en vient en plus.

Vous en profiterez pour moi!!!



Avec amour,
Virgie Boy

jeudi 22 mars 2012

Marc Anthony et Démagogie

S’ennuyer? Moi? S’ennuyer de manifester contre un gouvernement qui veut faire payer les étudiants pour sa dette accumulée? (Ok... que les économistes se calment, c’est « un peu » démagogue comme affirmation mais n’empêche.)

S’ennuyer? Vous avez vu ce que le retour de Jason Russell, fondateur de Invisible Children, lui a fait faire?!? (Ok. Je recommence avec ma démagogie. Mais re-n’empêche! C’est soit son retour, sinon le travail à l’international qui l’a rendu coucou.) Pour ceux qui ne savent pas… Kony’s 2012, la suite (beaucoup plus drôle mais moins populaire que le premier) http://www.cyberpresse.ca/international/etats-unis/201203/21/01-4507867-le-realisateur-de-kony-2012-hospitalise-pour-trouble-psychotique.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B9_international_29810_accueil_POS2

T’inquiète. Marc Anthony et ses rythmes « calientes » s’occupent de moi. Quoi? Quétaine, vous dites? Danser, jamais!

Récemment, quelqu’un m’a affirmé (grande sortie, toujours dans la démagogie) que les filles du nord était froides et celles du sud… Bon, on a compris. Peut-être qu’il nous manque un peu de Marc Anthony, qui sait! J’ai écouté l’argumentaire so-so. Sans monter sur mes grands chevaux. Ça m’a valu un « Mais étrangement, pas toi! ». Ah bon? D’une part, j’ai toujours haïs le discours du genre « Les jeunes vous êtes tous de même mais toi, c’est pas pareil », qui s’apparente beaucoup au « chu pas raciste mais les bleus, blancs, rouges…  pas capable! ». Tout ça pour dire que, pourquoi moi c’est pas pareil?!? Le rythme, les amis! Le rythme! Déhanche-toi un peu, le moindrement librement sur une piste de danse et tu viens de perdre ton titre de gringuita-fria-de-norte-america.

S’ennuyer?

Anthony, mes hanches et moi, on vous répond : De quoi?!


Chez nous aussi il fait soleil vous savez ;)
xxxx

jeudi 1 mars 2012

Reconnaissance VS Égo

- Ça va pas? T'as une baisse? Démotivée? Tu cherches la motivation pour aller travailler?
- Oui, oui, ça va… 
(Habituellement, on en parle pas trop. On dédramatise. C'est la vie, ça arrive à tout le monde, non?)

Pas moi. Pour moi, la job ça a toujours été 2\3 de mon temps (voire même de ma vie) donc, ça se DOIT d'être une passion. C'est la raison pour laquelle je me lève le matin (du moins, 5 jours sur 7... c'est non-négligeable). C'est la raison pour laquelle j'ai passé environs 15 ans sur les bancs d'école. La raison pour laquelle je me suis endetté, j'ai déménagé, je me suis donné plus que j'ai été payé... Bref, j'ai toujours vu le boulot comme faisant partie intégrante de « pourcentage bonheur ».

- Ça va pas? Ça va passer, c'est temporaire...
(C'est clair... ça va passer... la majorité du temps, je serai motivée... et ça va revenir momentanément... et ça va repartir...faut pas s’inquiéter)

Finalement, la job, c'est comme le soleil. Quand y s'est pas montré le bout du nez depuis longtemps on grogne. On en profite quand il est là. Quand y'en a trop on re-grogne. On est capable de vivre sans, y'a pas juste le soleil dans vie… mais avouez que la plupart d'entre-nous vivrait bien à l'année en dessous.

- Ça va pas? Tu te sens pas utile? Mets ton égo de côté!
- Mon égo?!? 
(Mommy, lit bien ce qui suit... je viens de découvrir Quelqu'un)

Ça sert à quoi travailler si ce n'est que pour la reconnaissance que ça rapporte?
Reconnaissance monétaire: le salaire.
Reconnaissance professionnelle: une promotion. Le fameux "J’vais tu faire ça toute sa vie". Ai-je la possibilité d’y trouver un avenir plus "grand" que celui que j'ai présentement?
Reconnaissance sociale: Pour tout ceux qui, après le "Comment ça va" poursuivent avec un éternel "Tu fais quoi dans la vie?" sinon le "Pis? À ta job?" (notez que dans le premier cas, même si plus subtile, on ne s'attend pas ici à ce que vous nous parliez de vos passe-temps, ni vos passions, encore moins de vos enfants,  ni même tout autres êtres chers d'ailleurs).
 
Tout ça pour dire que la Reconnaissance fait partie intégrante du Travail. Ce n'est pas une question d'égo VS d'humilité que de vouloir être reconnu. C'est une démarche nécessaire! Ce qui me manque en fait ce n'est pas tant la reconnaissance de ce que je vaux (je l'ai jamais vraiment eu anyway...) c'est plutôt la reconnaissance de qui je suis. Pas dans le sens « popularité-les-gens-me-connaissance ». Dans le sens de « ça fait des années que je fais ça, vous pouvez me faire confiance et vous le savez ».
L'humilité, en fait, c'est être capable de se voir tel que l'on est. De reconnaitre ce dont on est capable. Ou à l'inverse, ne pas donner d'importance à la reconnaissance d'autrui face à nous, ce n'est pas d'être humble, c'est de la sous-estime de soi ou de la modestie mal placée.
 
- Ça va pas?
- Wowoui… ça va!

Culture générale
Paul Ricoeur (philosophe français contemporain) parle du parcours de la reconnaissance où:
"Il pose les bases d’une nouvelle éthique, où la reconnaissance est "reconnaissance de la puissance d’agir de l’Autre. La reconnaissance est alors une condition nécessaire de l’agir."
"Mais qu’est-ce donc que la reconnaissance ? Il faut deux temps. Le premier est actif : nous pouvons reconnaître quelque chose, quelqu’un, etc. Reconnaître prend son sens dans l’action perceptive et cognitive que nous opérons. Là Ricoeur s’appuie sur l’ensemble des théories de la connaissance et notamment celle du siècle des lumières. Enfin, dans un second moment, reconnaître implique une passivité. Le soi demande à être reconnu. Il faut entendre une reconnaissance objective de nous-mêmes, de notre identité, de nos valeurs. A ce niveau, Ricoeur désigne sa recherche phénoménologique. Nous ne pouvons (re)connaître que si, nous-mêmes, nous sommes reconnus, c’est-à-dire désignés comme altérité"

Paul Ricoeur travaillait entre la linguistique et la psychanalyse. Cet homme travaillait à l'international, c'est sur!

lundi 27 février 2012

Comme à la petite école

INTRODUCTION:

Quand j'ai écrit ce qui suit (y'a pas très longtemps), j'avais un sourire en coin, je trouvais ça cocace... voire même rigolo le contraste. Aujourd'hui, le mood "c'est-don-beau-l'immersion-culturelle" s'est transformé en "maudit-pays-de-broche-donnez-moi-un-festival-quelqu'un". Ça arrive, c'est normal. 

Soyons raccord et profitons s'en pour souhaiter (et j'avoue, envier un tit peu) une superbe folie qui a probablement déjà commencée dans les bureaux du merveilleux festival REGARD sur le court métrage. Chicas, si vous saviez comment du haut de ma Cordillière, j'ai des grosses pensées pour vous. 

DÉVELOPPEMENT:

Après quelques années d’expérience en communication, je peux réalistement et humblement dire que je connais bien ce boulot. Je n’irais pas jusqu’à dire que je le fais les yeux fermés, les doigts dans l’nez, les pieds attachés ou utilisez toutes autres expressions corporelles weird qui vous plaira... vous comprenez le principe. Bref, tout ça pour dire que, quand on me parle de placements publicitaires, d’outils promotionnels ou de relations de presse, je sais de quoi il en retourne. Ou du moins, je croyais savoir. Faire une conférence de presse quand on connait les journalistes, c’est comme courir après les pigeons pour un enfant de 2 ans : c’est naturel. Bref, j’ai laissé mes belles grosses pantoufles chaudes et poilues chez-vous avec votre hiver québécois.
 
Ne pas connaitre les médias (encore moins ceux qui y travaillent), ce que les gens écoutent, les coûts des placements publicitaires, à quoi ressemble ton public, ceux que tu dois convaincre, les processus administratifs de l’organisation pour qui tu travailles… je continue? Finalement, retour à la case départ… je ne connais rien et je réapprends. Même si parfois jugé comme une experte, je suis redevenue verte.

Tranche de vie:
Ça fait deux semaines que je travaille sur la promotion / placements publicitaires pour mon partenaire local. J’essaie de négocier (c’est la partie que je préfère habituellement) :

MOI: J’aimerais connaître vos prix pour un mois de diffusion télé svp.
LUI: Euhhh... oui, je vous envoie ça par courriel à l’instant.

(Là, le fun commence en disant mon adresse courriel qui inclue « Lavoyé » — traduction personnelle qui fonctionne plus que le Lavoie originelle — je l’épelle, je le répète, et finis par prendre en note son courriel pour qu’ensuite il ait le mien par écrit.)

Deux jours et deux appels de suivi ont passé quand tu reçois un prix. (Pas une liste, pas un barème ni un document explicatif… UN prix) Alors tu rappelles, tu lui proposes moins cher, et la négociation se conclue rapidement par un simple : Euhhhh… ok!

L’histoire se répète avec les autres médias et ça y est, ton plan et ton budget est fait. Fière, tu prends tes précautions et avant de partir à la chasse-aux-contrats, tu te pares en demandant à la comptabilité quels documents justificatifs ils ont besoins. Pas conne la fille! Et le fun continue…

Les radios : Téléportation année 60. Une table, une console, un micro. Quelqu’un qui t’accueille (plus souvent qu’autrement l’animateur), qui va rédiger ton contrat en même temps que continuer son émission, il t’appelle « licenciada », te traite comme Harper le ferait avec la Reine d’Angleterre, avec beaucoup trop de protocole et de respect.

Les télés : Maison privée où le bureau de la secrétaire se transforme en élément de décor lorsqu’il est temps d’enregistrer les émissions locales. La pub de mon partenaire est de 50 secondes (WTF 50 secondes?!). Certains la passent telle quelle, d’autres l’ajuste sans broncher.

Une semaine a passée, tous les contrats en main, tout est réglé!

Wooooooo, pas si vite, la verte! La comptabilité t’annonce qu’il te faut des factures, ajoute des corrections à la moitié des contrats, bref, la chasse continue pour 2 autres belles journées…

Je pourrais continuer à décrire cette épopée mais à quoi bon. Vous avez le topo. C'est peut-être aussi compliqué parce que c’était ma première fois. Une amie me dit que c’est souvent le cas où l’administration te donne du fil à retordre pour te montrer que tu ne connais rien. Une genre «d’initiation-revanche-du-comptable ». Va savoir… mais c’est vrai que je connais rien!

Et au final, ça fait du bien de s’en rendre compte.

CONLUSION:

J’essaie pas de ré-écrire l’Alchimiste, ne vous méprenez pas. La hippie en Bolivie, en paix avec soi-même, qui apprend des leçons que la vie lui apporte, ça fera chui pas bouddha! Mais faut croire qu’à force de vivre seule, on finit par philosopher avec soi-même.

Tiens, en voilà une qui s'exprime mieux et décrit bien ma pensée... http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/343461/danser-pour-mieux-tomber

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Un autre tit lien pour conclure mon épopée au Carnaval d’Oruro. Pour ceux qui veulent pratiquer leur espagnol: http://elsistema.info/index.php?c=Cultura&articulo=Oruro-encabeza-ranking-mundial-de-carnavales&cat=355&pla=3&id_articulo=2923