mardi 8 mai 2012

Hommage à une femme de ménage


J’encourage l’économie locale en aidant une femme à avoir un revenu décent en échange de services rendus.

Bref. J’ai une femme de ménage.

Je vous assure que c’est plus pour aider que pour mon ménage en soit! Bon, vous ne me croyez pas. Je vous entends riposter d’ici, mais c’est vrai! De toute façon, si c’était juste dans un esprit de paresse que je l’engageais, je ne m’en pèterais pas les bretelles à tout vent sur le web! Je vous entends penser d’ici… « Bla, bla, bla… r’garde qu’est-ce qu’elle fait avec mes taxes! » ou encore « Bla, bla, bla… la bourge! ». Eh bien, à cela je répondrai :

Aux « Bla, bla, bla… mes taxes! »

Sache que si tout ce qui reste de la contribution canadienne donnée aux pays en développement passe par le salaire direct que je donne à quelqu’un sur place, c’est quand même mieux que de l’économiser pour me prendre des REER à mon retour.

Aux « Bla, bla, bla… la bourge! »

Tu as peut-être en partie raison MAIS on s’entend tu que le cirage de plancher au deux semaines, bourge ou pas, c’est pas nécessaire?!? Même que bien desfois, je l’annulerais bien la Raymunda. Mais annuler notre rendez-vous hebdomadaire voudrait dire moins d’argent dans ses poches. Au lieu, je trouve d’autres trucs à faire. Anyway, Raymunda n’aime pas avoir des congés. Les congés l’insécurisent. Un congé mérité, parce qu’elle a travaillé dur? Pour prendre soin d’elle? C’est culturelle ça, vous savez?

Ici, le sommeil est un luxe, vous saviez? Je dis « ici » mais va dire à n’importe quelle femme ayant des enfants, qui travaille déjà un minimum de 8 heures par jour, qui fait la bouffe, le lavage, le ménage, s’occupe des comptes, que de dormir 8 heures par jour est recommandé par Santé Canada… Elle s’étouffera de rire (parce que vaut mieux en rire). Ajoute à cette liste d’épicerie de tâches quotidiennes (Ah! J’ai oublié l’épicerie!) un deuxième boulot pour arriver à avoir un salaire « décent » et tu comprendras que le sommeil est un luxe.

Je l’aime bien Raymunda. Nos cafés hebdomadaires (parce que c’est une placoteuse) font partis de ma nouvelle routine. La semaine dernière, elle m’avoue que de côtoyer des étrangers a changé un peu sa manière de voir. Elle qui croyait être vouée à vivre sa vie à Sucre parce que, même si elle espérait, sont destin était prédestiné. Maintenant, elle voit la vie de manière plus optimiste. Même si « quand on veut, on peut » est une expression qui n’existe pas ici, vaut toujours mieux un peu d’espoir qu’une claque dans face.

Elle me fait du creton demain… Quand on veut, on peut après tout!

2 commentaires:

  1. Y'a pas à dire, y'a des pays où les habitants sont des forces de la nature emplies d'humilité !
    On a de quoi à apprendre ;-)

    Raymunda : à deux lettres près, cela donne "roi du monde"

    A méditer hein !

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